Espagne Des Baléares à Alicante

publié le 23/03/10 - mis à jour le 17/09/10


 
L’automne est propice à la découverte d’Ibiza, « l’île Blanche » et de la charmante Formentera, la plus petite de l’archipel des Baléares, toutes deux délaissées par la foule dense des estivants. Le soleil, toujours au rendez-vous, éclaire aussi un saut de puce sur le continent. Par exemple, du côté d’Alicante. Laissez-vous surprendre par l’étonnante palmeraie d’Elche. Et ne manquez pas de déguster le vin régional, le Fondillon, apéritif royal. Bref, un circuit enivrant.

Balade aux Baléares

A quelques encablures d’Alicante ou de Valence, les Pitiuses, plus connues sous le nom de Formentera et Ibiza - deux des îles de l’archipel méditerranéen - proposent une multitude de plages paradisiaques aux eaux turquoises, ainsi que des paysages ruraux préservés. À découvrir en toute tranquillité, loin des discothèques branchées de la capitale, Eivissa, reine de la nuit.

Fini le stress urbain. Formentera, île d’à peine 80 km2 n’est accessible qu’en bateau au départ d’Ibiza. Abandonnée la voiture, ici la visite s’effectue de préférence en scooter ou à bicyclette, voire à pied en empruntant une quinzaine de chemins aménagés, les « circuits verts ». Dans les champs, les nombreux figuiers, soutenus par des perches appelées « estalons », jouent le rôle de parasols naturels, très appréciés des troupeaux de chèvres qui y trouvent un peu d’ombrage. Un must, la croisière en voilier le long des plages idylliques de Llevant ou Illetes. Sable fin et eaux transparentes toujours au rendez-vous, il n’y a que l’embarras du choix. 

Les hippies, des pionniers
A Formentera ou Ibiza, les habitants reconnaissent que leurs îles ont accédé à la notoriété à la fin des années 60, lorsqu’elles devinrent la terre d’élection du mouvement hippie et de musiciens ou chanteurs d’exception : des Pink Floyd à Bob Dylan en passant par Janis Joplin et Carlos Santana. De cette avant-garde ne subsistent que de rares communautés et quelques marchés, dont celui de Sant Carles, à l’est d’Ibiza : ambiance « bobo », robes longues, bijoux fantaisie et artisanat original. Simples réminiscences du passé, artistes et membres de la  jet set ont aujourd’hui largement pris le relais.
Paysages et végétation composent à l’intérieur d’Ibiza une symphonie en blanc et vert. Aux salines immaculées du bord de mer répondent comme un écho les maisons rurales aux murs peints à la chaux, qui émergent ça et là des pinèdes. Grâce aux mesures de protection, Ibiza fait honneur à son surnom d’île aux pins. Précieux recoins de solitude, à vingt minutes de la plus grande discothèque du monde capable d’accueillir jusqu’à 12 000 fêtards !  

Grimper à Dalt Vila
Halte revigorante dans la charmante baie de Portinatx, havre de paix réputé pour ses langoustes. Autre endroit magique, la cala d’Hort, au sud-ouest. Face à une superbe plage se dresse, au milieu des eaux, un imposant rocher de près de 400 mètres de haut, Es Vedra, Comme un îlot volcanique surgit du tréfonds de la mer.
Point d’orgue d’une escapade à Eivissa, capitale d’Ibiza : Dalt Vila, la ville haute juchée sur un promontoire. Depuis 1999, l’ancienne cité fortifiée est classée au patrimoine mondial de l’humanité. Musée archéologique rappelant les vagues successives de colonisation (phénicienne, punique, romaine), cafés et hôtels aux faux airs d’habitations troglodytes, panorama remarquable sur Sa Penya, l’ancien quartier des pêcheurs s’étalant en contrebas. Dans les ruelles de la vieille ville, les boutiques de souvenirs disputent le pavé aux restaurants à fruits de mer et paella. On ne quitte pas ces Baléares-là sans un goût de revenez-y.         

L’hacienda Na Xamena
Un hôtel hors du commun, près de San Miguel, sur la côte nord d’Ibiza. Situé à 180 mètres d’altitude sur une falaise surplombant la mer, ce 5 étoiles a la vue imprenable offre à ses clients comme au visiteur de passage un réjouissant et relaxant parcours aquatique dans son spa (bains hydromasseurs, musicothérapie,..). Restaurant gastronomique et accueil convivial des propriétaires des lieux, l’architecte belge Alvar Lipszyc et son épouse Sabine.
www.hotelhacienda-ibiza.com

Province d’Alicante

une oasis en Europe 
Les palmiers sont entrés dans la ville ! Ils sont même plus de 200 000, presque autant que le nombre d’habitants de la pimpante cité d’Elche, située à proximité d’Alicante, au sud-est de l’Espagne. La curiosité est un legs des civilisations qui se sont succédé ici. Les Phéniciens, qui avaient un faible pour les dattes séchées, seraient à l’origine de l’implantation des palmiers dattiers. Les Arabes, lors de leur sept siècles de présence (711-1492), perfectionnèrent le système de canaux d’irrigation. Et plus près de nous, le père José Castano Sanchez, organisa un joli jardin privé, connu sous le nom de « verger du curé ». Il abrite notamment le palmier impérial, vieux de quelque 180 ans : un étonnant candélabre végétal à sept bras. Pas surprenant que la palmeraie d’Elche ait été élevée au rang de Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.        
www.turismedelx.com

Oenotourisme,  Fondu de Fondillon          
Jeune œnologue de l’Entre-deux-mers, Sébastien Bourdon, 31 ans, curieux d’autres cultures, dispense ses conseils depuis cinq ans dans une jolie bodega de la région d’Alicante. Originalité des lieux, chaque grappe du raisin de table - très apprécié ici au moment de Noël – est embolsado, c’est-à-dire enveloppée d’une feuille de papier blanc qui la protège des oiseaux, insectes… et pulvérisations. Mais l’essentiel de la production - du raisin de cuve - sert à élaborer des vins « à la personnalité propre ». « Un vin de qualité se fait d’abord à la vigne, avant d’être perfectionné au chai », souligne Sébastien. Et de faire goûter des blancs désaltérants aux arômes de citron, des rouges tanniques et charpentés. Avant de rejoindre le bordelais, lorsque son père lui passera le relais de l’exploitation viticole familiale, Sébastien Bourdon compte bien marcher sur les traces de son voisin et ami Rafael Poveda et produire quelques bonnes bouteilles de Fondillon, le produit phare local. Ce vin-apéritif, qui titre 16°, trônait hier sur les tables des cours royales. Saint-Simon raconte dans ses « Mémoires » que, peu avant sa mort, Louis XIV réclama son verre de Fondillon, comme une dernière volonté. « Le roi mangea même deux petits biscuits dans un peu de vin d’Alicante avec une sorte d’appétit ». Le roi est mort, vive le Fondillon ! La famille Poveda murmure que le roi Juan Carlos est lui aussi grand amateur de Fondillon. Avec ou sans biscuit.  
  www.heretatdecesilia.com  et  www.salvadorpoveda.com

Texte et photos : Yves Hardy

Prêt à partir
• Y aller. Vols quotidiens d’Iberia : Paris (Orly)-Barcelone-Ibiza (en trois heures). À partir du port de Valence, possibilité  de prendre un ferry ou un hydrojet. Location de voiliers pour circuler entre les îles : // http://www.golfinoyates.com/ //
• Pratique. Choisissez de préférence le printemps (avril à juin) ou l’automne (septembre à novembre), plutôt que l’été durant lequel la fréquentation bat son plein.
• S’informer. Office espagnol de tourisme, 43 rue Décamps – 75 784 Paris cedex 16. // http://www.espagne.infotourisme.com/ //